Catalina Toro Pérez

Je suis une architecte colombienne née à Medellin. J’ai commencé à travailler sur l’île de Providence, une île colombienne située dans la mer des Caraïbes, au milieu des années 1980, avec des charpentiers et des constructeurs de maisons et de bateaux traditionnels en bois. J’ai aussi vécu avec une communauté de pêcheurs, de marins et de capitaines de navire sur l’île adjacente de Santa Catalina, ce qui m’a permis d’apprendre à connaître leur culture, leurs techniques de pêche ancestrales et leurs méthodes de construction collectives traditionnelles dans un contexte de vulnérabilité climatique. J’ai participé aux mouvements de lutte contre le processus de colonisation culturelle colombienne (colombianisation) dans les îles et, en 2000, étant alors doctorante en sciences politiques, j’ai pu soutenir le processus de reconnaissance des îles en tant que réserve de la biosphère à l’UNESCO. Je soutiens également la communauté “Raizal”, le peuple afro-colombien qui habite ces îles, dans sa lutte contre l’implantation de mégaprojets touristiques, militaires et pétroliers depuis les années 1990. Je suis aussi conseillère auprès de l’Autorité Raizal et chercheuse à l’antenne caribéenne de l’Université nationale de Colombie. Depuis le passage de l’ouragan Iota en novembre 2020, je participe au “Camp pour la dignité” organisé par la fédération des pêcheurs, des agriculteurs, des charpentiers et de la diaspora Raizal pour défendre les droits environnementaux et culturels bafoués au cours du processus de reconstruction. Enfin, je participe actuellement au projet “Disaster Capitalism, in the Caribbean Region : Networking, Sharing and Learning from Community Responses” qui vise à développer un réseau d’acteurs, d’activistes et d’universitaires qui s’attaquent au capitalisme de catastrophe dans la région Caraïbe.